mercredi, janvier 13, 2016

Sommières: Il n'y a plus de pharmacie dans la grand-rue

Il n'y a plus de pharmacie dans la Grand-rue !
Après les disparitions du marchand de journaux et de la droguerie
il y a quelques années), de la rôtisserie de la fleuriste et de la
boucherie chevaline, c'est au tour de la pharmacie du centre
d'abandonner la grand-rue pour aller s'installer à l'entrée de la
ville.
Cette pharmacie était le plus ancien commerce de la grand-rue,
avec peut-être le marchand de chaussures Salem qu'on appelait à
l'origine la rue droite, et maintenant la rue Antonin Paris …
Si cette 'pharmacie du centre' avait pris la suite de la
pharmacie  Raynal depuis à peine trois ans, ce dernier avait
succédé à celle tenue par mademoiselle Saintenac ...qui avait pris la
suite de Mr Beissières ...lequel , après la guerre avait remplacé Mr
Fages …et . !

Monsieur Beissières  devant sa boutique
Comme d'anciens vrais et vieux Sommièrois je ne peux que
regretter ce départ , et cette disparition réveille en moi ( qui suis
né dans la maison d'en face) une multitude de souvenirs
Enfant j'étais déjà très impressionné par cet homme en blouse blanche
que j'observais au travers de la vitre de son officine entrain de
manipuler, mélanger, peser poudres et autres liquides ….
Je me rappelle encore ce qu' il disait à ma grand-mère: un
bon pharmacien doit avoir une bonne pompe! et c'est pour cela qu'il
venait chercher l'eau à notre puits .( l'eau de la ville trop
javellisée ne convenant pas à préparation des remèdes ).
 En ces temps là,pratiquement toutes les prescriptions des médecins nécessitaient une
préparation que le pharmacien devait élaborer à partir de toutes
sortes de produits chimiques en les mélangeant avec de l'eau ou de
l'alcool et de ce fait mis à part quelques boites de pastilles Valda, Pulmoll, des
sirops 'Chiarini' de la 'Boldoflorine' , quelques paquets de coton et
compresses (fabriqués à Sommières par la socomi)) des verres à
ventouses et des thermomètres il n'y avait pas grand chose dans cette
boutique.
Une photo qui a fait..le tour du monde !
Bien plus tard, c'est lorsque j'ai repris le commerce de ma
grand-mère que j'ai vraiment connu Monsieur Bessières et son
préparateur Yves Boutin . Ce pharmacien était un bon vivant toujours
prêt à faire des plaisanteries. Dans son arrière boutique où il
préparait 'ses mixtures' il recevait régulièrement toujours les mêmes
en ne manquant jamais de leur faire des blagues. Je revois encore le
père Chocolat buvant 'sa gnôle '(alcool à 90)….dans un verre à
ventouse, et 'Mataka' persuadé de s'envoyer un bon apéro alors qu'il
lui avait servi .. un dépuratif Richellet !
Au lendemain des inondations d'octobre 1958 où la photo de sa
pharmacie avait fait le tour du monde grâce à une toute nouvelle
technique (le bélinograme ancêtre du fax) il n'arrêtait pas de me dire
: ta photo m'a rendu célèbre mais personne ne m'a envoyé de chèques !
Plus tard, au début des années soixante la pharmacie fut reprise
par Mle Saintenac .
Celle-ci finalement ne restera pas de longues années dans la
grand-rue et cédera son commerce à P.Raynal .Elle venait de la ville
et surtout n'avait pas la mentalité de chez nous . Heureusement
qu'Yves Boutin était toujours là !
De cette période, je n'ai en mémoire que cette petite discussion où je
l'avais gentiment remise à sa place : Un jour en parlant d' Escale la
première grande surface de Nîmes qui venait d'ouvrir ,comme je lui
faisais part de mes impressions quant à l'avenir et à la disparition
des petits commerces, elle s'empressa de me contrer et de me faire
l'apologie de ce merveilleux nouveau genre de distribution : un choix
de produits à l'infini ….des prix défiants toute concurrence ...des
parkings... et ma réponse fut : au risque de vous déplaire,
peut-être qu'un jour les grandes surfaces vendront aussi vos
médicaments et alors les pharmaciens , comme les petits commerçants
des campagnes disparaîtront à leur tour…...
C'était il y a cinquante et je ne m'étais pas trompé !

vers 1930 : avec le préparateur Georges Goujon, mon père ..et
cet enfant c'est : Alfred Vercler ( le futur Maire de Villevieille )
   ma boutique dans les années soixante ....
 la photo n'est pas bonne ,mais c'est moi lorsque j'ai repris la boutique
de ma grand-mère juin 1951( photo prise par Mme Pelat une voisine
qui était la "radio Sommières" de ...la rue !)
Là : c'est Delphine Jolbert  la boulangère...1950
et là c'est Joseph Furanzano dit  "La tulipe"
avec sa fille Paulette  et  ..,? 1950
Ici Mme Sedat  ...à son premier magasin
l
et là c'est mme Jolbert ...la  bouchère !

Pour l'essayer, rendez-vous sur : http://picasa.google.com/.
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