jeudi, novembre 08, 2007

HOMMAGE aux CHEMINS de FER

SOMMIERES: Un hommage aux chemins de fer .1

Récemment le rond point de la route de Salinelles tout près du nouveau pont a été aménagé d'une façon originale . C'est vrai qu'à première vue les nouveaux résidents et les « étrangers » demanderont ce que vient faire cette draisine au beau milieu de ce carrefour, et lorsque on leur parlera de la gare...ils seront très surpris .

Pourtant cette initiative est une excellente occasion de rappeler que, par le passé la gare de Sommières était un important noeud ferrovière entre Nîmes, Montpellier, Alès et..Paris par la ligne du Vigan-Tournemire qui rejoignait le Béziers-Paris par le massif central.

Mon grand'père comptable chez un négociant en vins me disait souvent, qu'après la grande guerre vers 1920, une lettre postée à la gare au premier train le matin était immanquablement distribuée à Paris le lendemain après midi au cours de la deuxième tournée. (quand on sait qu'aujourd'hui pour peu que le code postal ne soit pas au bon endroit...il faut trois jours!)

Elle était importante aussi bien au niveau des voyageurs qu'au niveau des marchandises.

Jusqu'à sa fermeture au début des années soixante et dix une quarantaine de Sommièrois travaillait pour la SNCF et une douzaine de trains ou plus exactement d'autorails circulait journellement dans les deux sens. Ce quartier était très animé car beaucoup de gens allaient travailler à Nîmes. Mais cette période est révolue et la « voiture » a été fatale à cette activité. Aujourd'hui, la gare et les quais n'existent plus. A cet emplacement il y a un hôtel et les entrepôts de la gare de marchandise abritent les « Malabars ».

Moi, je me souviens de la « plaque tournante » qui se trouvait sous « Costecirgue », du buffet de la gare où les cheminots venaient se restaurer, je revois même la tenancière mademoiselle Ge... très laide, ses grosses lunettes avec des verres aussi épais que des culs de bouteilles et qui disait à qui voulait l'entendre : je ne suis demoiselle que de nom! , de la gare de marchandises où il y avait en permanence des wagons citernes pour le transport du vin, des wagons à bestiaux et d'autres avec des plateaux pour charger le cuir et le coton. Quelques jours avant les foires, avec d'autres enfants nous allions voir débarquer les chevaux. Quel spectacle! ensuite, nous suivions les maquignons marchant devant leurs « cabales » dans la traversée de la ville. J'entends encore le père Audoyer faisant claquer son fouet dans la rue neuve pour annoncer son passage et Goubert avec sa blouse noire traverser le pont au milieu de la chaussée vociférant contre les rares automobilistes. Ce jour là, la rue était à eux!

En évoquant la gare et les wagons citernes, il me revient cette anecdote qui se passe quelques jours avant la libération de Sommières. Depuis le début de l'été souvent la sirène sonnait et les alertes se multipliaient, on n'y faisait plus attention, car on entendait des bombardiers passer bien haut mais ce jour là, ce fut un autre sénario: quelques chasseurs alliés, en rase-motte mitraillèrent... la gare. Objectif visé : un train de marchandises avec quelques wagons citernes probablement remplis d'essence. Une paire de ces citernes furent percées mais n'explosèrent pas car elles ne contenaient pas de carburant mais du vin. C'est alors que le soir nous avons vu notre voisin, employé de gare, revenir avec la remorque de son vélo chargée de toutes sortes de récipients pleins de vin. Tous les voisins « courageux » s'étaient servis !

Lorsque j'étais enfant avec mon frère en descendant du mazet, nous courrions sur le pont de la grand-fon pour voir la locomotive s'engager sous le tunnel à grands coups de sifflets et là pendant un long moment nous étions pris dans un épais nuage de fumée. Quelquefois même nous sortions de ce brouillard passablement « mascarés » ce qui nous valait une bonne « raclée ».

Par la suite, bien plus tard, le samedi soir nous allions attendre , au dernier train mon frère qui était en pension à Nîmes. C'était notre promenade en famille qui donnait à mes parents l'occasion de bavarder et d'apprendre les derniers « potins » du village; par contre le lundi matin mon frère montait à la gare tout seul et bien souvent en courant de peur de manquer la « micheline ».Mais tout cela est bien loin.....Depuis une paire d'années, à grands renforts de travaux, d'aménagements et surtout d'investissements la voie ferrée a été transformée en voie verte . Etait-ce bien le bon choix?

Si le fait d'avoir réhabilité et sauvé cette voie à l'abandon est une très bonne chose, n'aurait-il pas été plus judicieux d'envisager d'instaurer une ligne de bus...ou pourquoi pas le tramway car il est certain que d'ici quelques années on ne pourra plus se rendre à Nîmes en voiture Mais comme me disent mes petits enfants: papi tu rêves et puis où irions-nous faire du roller?

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