mercredi, mars 15, 2006

UNE SOIREE au CABARET
SOUVENIRS...... SOUVENIRS,

N’'étant pas particulièrement amateur de ce genre de manifestation nocturne, je n’'avais jamais mis les pieds dans cet établissement de la rue Taillade, aussi grâce à cette invitation gagnée au loto de Villevieille, j'’ai pu assister dernièrement au dîner spectacle de ce cabaret .
Si je n'’étais jamais allé au Théâtre par contre les Variétés je connaissais et cet endroit me rappelle de vieux souvenirs.
C'’est pourquoi cette soirée m'’a permis de retourner cinquante ou soixante ans en arrière.
Mais d'’abord mes impressions sur cette soirée: Je n'’ai pas beaucoup aimé.
Une interminable première partie de comédies américaines danses et chorégraphies des années quatre-vingt et même si les décors et les jeux de lumière n'’étaient pas mal, ce n'’est qu’'au bout d'’une heure que nous avons eu droit à une imitation de Sheila..dans la langue de Molière. La deuxième partie fut meilleure avec de la musique espagnole et quelques beaux tableaux. La sono quant à elle était trop puissante et du fait qu'’il y avait beaucoup de monde, à table, nous étions vraiment trop serrés. Le repas lui était convenable et le service sympa.
Quels souvenirs ? Le théâtre de la rue taillade, pour moi c'’est le lieu où se trouvait l'’unique cinéma de Sommières et le cinéma dans les années cinquante c'’était avec le foot la seule distraction des jeunes. Le dimanche après-midi à la fin du match à la « Royalette » avec quelques copains nous courrions aux « variétés » afin d' ’arriver avant le début du film, et là quel bonheur de voir le dernier des mohicans, les cent sous de Lavarède ou le camion blanc ! Lorsqu'’il n'’y avait pas de match on assistait à la première représentation de14h, et à la fin on se planquait pour rester et profiter de la deuxième séance sans payer!
Le dimanche soir, si je n'’étais pas puni, re-belotte avec un nouveau film, en général un film de guerre : trente secondes sur Tokyo ou devant lui tremblait tout Rome.
Au début, je me mettais en bas avec tous les gamins de la ville, on faisait tellement du bruit que le directeur venait souvent nous faire taire, par la suite, j 'ai changé mes habitudes pour m 'installer au premier étage au balcon, çà faisait plus sérieux et finalement au fil des ans, comme tous les jeunes, copains et copines, j 'ai déménagé au fond vers le pigeonnier.
Le pigeonnier ? C'’était des gradins, une espèce d’ 'estrade de quatre ou cinq rangs qui se trouvait à l'’arrière du balcon sous la cabine de projection en retrait des rangées de sièges.
Plus sombre et retiré du reste de la salle, près de la sortie, ce coin idéal était très apprécié et réservé aux amoureux et à tous ceux qui dans le fond n'’étaient guère intéressés par la projection du film. Il s'’en passait des choses là-dessous, et quand, comme c'était souvent le cas à cette époque, le film cassait et que la lumière revenait le spectacle changeait subitement et brièvement de côté !.
Aujourd’hui, les structures ont changé : ce balcon n'’est plus utilisé et le plafond de la salle a été abaissé. Un jour même, un jeune excité de Sommières a sauté du balcon pour aller se bagarrer en bas. Une nouveauté: les toilettes ; en ce temps là pas de wc, et à l'’entracte nous allions uriner dans la rue traversière ; cette impasse était une infection et je crois bien ne plus y être passé depuis ! Autre aménagement, la porte du cinéma n’était pas au même endroit que celle du théâtre. L'’entrée des variétés se trouvait juste en face la descente de la rigourdane ce qui me rappelle une autre histoire qui aurait pu se terminer tragiquement.
Souvenir plus récent du reste puisqu '’il ne date que de 1954 !!
A l'’époque, au moment du passage au conseil, les jeunes de la classe ceux qui avaient vingt ans dans l'’année (et bien souvent d'’autres éléments qu' ’à l’' heure actuelle on qualifierait d'’incontrôlés) avaient pour coutume, une semaine à l’'avance, de faire tous les soirs le tour de ville à grands renforts de musique, de vacarme...et de bêtises.
Ce soir là, après avoir ‘emprunté’ le charreton de Pélissier, voilà les conscrits et bien entendu les accompagnateurs entrain de faire le tour de ville : une dizaine sur la charrette, quelques uns devant, d'’autres poussant l'’engin et le reste criant et chantant. Arrivés au bout de l'’étroite rue de la monnaie, à la sortie de la descente de la rigourdane, le charreton prend de la vitesse, ceux qui étaient devant s'’écartent, ceux qui poussaient lâchent prise et tant bien que mal ceux qui étaient dessus sautent au risque de se casser la figure! Mais ce n’'est pas tout, l'’engin abandonné dévale la rue et vient pulvériser la porte du cinéma avant de s’' immobiliser juste devant la caisse dans un vacarme assourdissant. Toute la rue est en fenêtre et par bonheur il n'’y avait personne aux caisses et surtout pas de blessé.
Le lendemain bien entendu direction la mairie pour recevoir un sacré savon du maire et ensuite convocation à la gendarmerie afin d'y ’être entendu. La situation est grave et en tant que responsable de la « cagnotte » de la classe, je suis chargé avec Jean Paul d'’aller négocier avec le directeur du cinéma afin qu'’il retire sa plainte en lui proposant de rembourser les dégâts.
Finalement je ne me suis pas mal débrouillé en faisant remarquer à celui-ci que ces jeunes qui avaient cassé sa porte étaient en fait tous des clients de son cinéma.
. Du coup Monsieur Falissard- qui avait des enfants de notre age- s'’est montré bien indulgent, il a retiré sa plainte et ne nous a jamais présenté la facture , ce qui nous a permis d'’organiser le repas de la classe.
Au sujet de ce repas voici une autre petite histoire: Sur la quarantaine de conscrits que nous étions, certains n'’étaient pas très recommandables et aimaient les histoires. Aussi le soir du banquet de clôture sous prétexte que le menu n'’était pas terrible, à la fin du repas une dispute éclata et la salle du restaurant fut vite transformée en champ de bataille.
Le lendemain lorsque je suis allé me plaindre à La Loube et lui dire que nous n'’avions pas mangé pour cinq cent francs (prix convenu à l'’avance), avec sa petite voix, son plus beau sourire et en se dandinant les fesses Léon m’a répondu : c'’est vrai, mais vous m'’avez cassé pour plus de quatre cent francs de verres et d'’assiettes ! Très commerçant, par la suite il s'’est racheté en offrant un repas à quelques uns d'’entre-nous.
Enfin, le dernier souvenir que j’'ai de ce cinéma, c'’est quand avec Bernadette, Simone et Richard nous sommes allés assister à la projection du film belle de jour avec Catherine Deneuve. Je ne me rappelle plus de la date mais je sais seulement que c’'est à l'’époque où Charles Aznavour s'’est marié avec la blonde nordique Ulla.
Et aux actualités avant le film on nous montre Aznavour descendant d'’un avion au retour d'’un récital. Alors, Simone jamais avare de commentaires remarque tout haut dans une salle silencieuse : Tiens, il manque Ulla. ( il m’'encula).
C'’était il y a bien longtemps......et près de quarante ans après avec les amis on en rigole encore !

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